AUTODÉFENSE

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L'Histoire DU TAEKWON-DO



Combat de lutte coréenne, le sirum.
Temple du Roi Tong Myong (-58 à -19), 1er monarque de la dynastie Koguryo (-37), Pyongyang, Corée du Nord.
photo: @  Maître Sylvain Boucher,  2011.


  
Statue de Kumkang-Yuksa, un grand guerrier de
 Suku-lam, retrouvée dans un tombeau construit
pendant la période de la Dynastie Silla. Vous pouvez 
remarquer les similitudes entre la technique 
démontrée ici et celles du Taekwon-Do. On peut 
présumer par les dimensions des armes  corporelles 
et par la constitution physique que ces guerriers
étaient soumis à un entraînement très rigoureux.
Photo: @ General Choi Hong Hi , 1991



Général Choi pratiquant le Karaté Shotokan
Photo: @ General Choi Hong Hi , 1997



Général Choi enseignant aux soldats
Photo: Photo: @ General Choi Hong Hi 1997



Général Choi et un panel d'experts en arts martiaux, des historiens et des hauts fonctionnaires de l'État 
lors de la fondation du Taekwon-Do le 11 avril 1955.
Photo: @ General Choi Hong Hi, 1997




Général Choi lors de la fondation de la 
Fédération Internationale de 
Taekwon-Do (ITF),  le 22 mars 1966.
Photo: @ General Choi Hong Hi, 1997



Le déveleppement du Taekwon-Do à travers le monde
Photo: @ General Choi Hong Hi, 1997








































Même si l'origine des arts martiaux est couverte de mystère, il est indéniable, que des mouvements des mains et des pieds furent utilisés pour l’autoprotection et ce, depuis des temps immémoriaux. Si nous devons définir ces mouvements comme du «Taekwon-Do», n'importe quel pays pourrait avoir le crédit d'avoir inventé le Taekwon-Do. Il y a cependant peu de ressemblance entre le Taekwon-Do pratiqué aujourd'hui et la méthode primitive du combat sans arme développée dans le passé.

 Le Taekwon-Do moderne diffère grandement des autres arts martiaux. En fait, aucun autre art martial est aussi avancé en ce qui concerne la sophistication et l'efficacité de ses techniques ou avec la forme physique complète qu'il donne à ceux qui le  pratiquent.

Comme les théories, la terminologie, les techniques, les systèmes, les méthodes, les règles, les pratiques d'ensemble et les bases spirituelles sont développées scientifiquement, systématisées et nommées, c'est une erreur de dire que tout mouvement physique utilisant mains et pieds pour l’autodéfense est du Taekwon-Do. Aucun autre art martial n'est autorisé à s'appeler Taekwon-Do. Seulement les personnes qui pratiquent les techniques basées sur la théorie, les principes et la philosophie du fondateur sont considérées comme des adeptes du Taekwon-Do.

Quand et où le Taekwon-Do a-t-il pris forme?

Une combinaison de circonstances a rendu possible la fondation et le développement du Taekwon-Do. Le fondateur, le général Choi Hong Hi , ayant une connaissance antérieure du Taek Kyon ap-prend le karaté au japon durant les années 30 dans son pays natal oc-cupé par les japonais. Peu après la libération de la Corée en 1945, il est placé dans une position privilégiée comme un des membres fondateurs des nouvelles forces armées de la Corée du Sud.

L'occupation lui donne un sens défini de création, et les forces armées lui offrent la possibilité de faire connaître le Taekwon-Do à travers toutes les forces armées et ce, malgré une vive opposition. L'émergence du Taekwon-Do comme art martial interna-tional en un laps de temps relativement court est due à plusieurs facteurs. Les maux de la société contemporaine (corruption morale, matérialisme, égoïsme, etc.) créent un vacuum spirituel. Le Taekwon-Do est alors capable de com-penser pour le sens du vide, le soupçon, la décadence et le manque de confiance.

En plus, il s'agit d'une période de violence où les gens sentent le besoin de se protéger. La qualité technique du Taekwon-Do  devient grandement connue. Le statut du fonda-teur et sa santé contri-buent à la croissance du Taekwon-Do à travers le monde.

La pratique des arts martiaux améliore grandement la santé du fondateur. Il est frêle et si faible, qu’à l’âge 15 ans, il est encouragé par son professeur de calligraphie à prati-quer le Taek Kyon. En 1937, quelques jours avant d'aller étudier au Japon, le fondateur est impliqué dans un incident inattendu qui devait lui rendre difficile le retour chez-lui sans risque de représailles.

Il décide donc de devenir ceinture noire en karaté pendant son séjour au Japon. Cette technique lui semblait une protection suffisante contre ceux qui lui voulaient du mal. Non seulement, il est capable de retourner en Corée, mais il devient subséquemment à l'origine du mouvement national de libération connu sous le nom de «l'incident du soldat-étudiant de Pyongyang». Comme beaucoup de patriotes au cours de la longue histoire de l'humanité ses actions font lever la colère de ceux qui sont en position de pouvoir.

Il est emprisonné dans une prison militaire japonaise. En 1946, il est breveté comme second-lieutenant dans l'armée en herbe de la République de Corée et posté au 2e Régiment d'infanterie à Kwangju, en province de Cholla Namdo comme commandant de compagnie.

Il commence à enseigner le karaté à ses soldats comme moyen de formation du corps et de l'esprit. C'est alors qu'il réalise qu'il faut développer un art martial coréen particulier, différent dans l'esprit et la technique au karaté japonais. Il croit que l'ensei-gner à travers le pays lui permet de remplir la promesse faite à trois camarades avec qui il avait partagé son emprisonnement.

«La raison pour laquelle mon peuple a tant souffert aux mains des japonais est que nos ancêtres n'ont pas gouverné avec sagesse. Ils ont exploité le peuple et à la fin perdu le pays aux mains de la domination étrangère. Si jamais nous regagnons notre liberté et notre indépendance, voyons à ce que nous ne devenions pas les maîtres du peuple. Dé-dions-nous plutôt à conseiller ceux qui gouvernent.»

C'est avec cette ambition en tête qu'il commence à développer systéma-tiquement des techniques nouvelles. A la fin de 1954 , il a presque complété la mise au point d'un nouvel art martial pour la Corée. Le 11 avril 1955 ce nouvel art martial est nommé «Taekwon-Do».

Sur le plan spirituel, le Taekwon-Do provient de principes traditionnels, éthiques et moraux de l'Orient. Sa philosophie est celle de son fondateur.  Malgré sa petite taille de 5 pieds, le fondateur assure toujours avoir vécu en conformité de ses convictions morales: «J'ai essayé de combattre du côté de la justice sans aucune crainte. Je crois que c'est possible pour moi à cause du pouvoir formidable et du courage installé par le Taekwon-Do.»

Les techniques du Taekwon-Do sont basées sur les principes de la science moderne, en particulier ceux de la physique de Newton qui nous enseigne comment générer le maximum de puissance. La tactique d'attaque et de défense militaire y est aussi incorporée.

«Je veux dire clairement que même si le karaté et le Taek Kyon ont été utilisés comme référence au cours de mon étude, les théories et les principes fondamentaux du Taekwon-Do sont totale-ment différents de ceux des autres arts martiaux dans le monde.»

En mars 1959, il dirige l'équipe de Taekwon-Do militaire de démonstration dans une tournée à l'é-tranger. Il visite le Sud-Vietnam et Taiwan. Il s’agit de la première visite de ce type dans l'histoire de la Corée. A cette occasion, il renouvelle sa promesse de laisser le Taekwon-Do comme héritage au monde. Il formule les idéaux suivants pour les adep-tes du Taekwon-Do:

  •  En développant un esprit droit et un corps fort, nous acquérons une confiance en nous qui permet d'être du côté de la justice en tout temps. Nous allons nous unir avec tous les êtres humains en une fraternité commune, sans égard à la religion, à la race, à la nationalité ou aux frontières idéologiques; et nous nous consacrerons à la construction d'une société humaine paisible à l'intérieur de laquelle règne la justice, la moralité, la confian-ce et l'humanisme.
  • Il décide de se consacrer à faire connaître le Taekwon-Do à travers le monde avec espoir sincère que cet art puisse fournir les moyens par lesquels l'unification des deux moitiés divisées de son pays natal puisse devenir possible.
  • Son étude du Taekwon-Do se divise en deux parties: la discipline de l'esprit et la perfection des techniques. Parce que l'esprit humain appartient à la métaphysique, ce qu'il veut dire par discipline de l'esprit n'est pas facile à décrire. «On ne peut toucher, voir ou entendre l'esprit humain».
  • L'esprit humain est plus grand et plus profond que n'importe quoi que nous puissions percevoir. «Dans ce domaine, je ne suis moi-même qu'un autre adepte qui participe à un processus d'apprentissage continu». «Je suis venu à définir la dimension spirituelle du Taekwon-Do en une fusion de l'adepte avec les idéaux du Taekwon-Do et en comprenant le sens de chaque FORME. Si nous, nous considérons comme UN avec le Taekwon-Do, nous le respecterons comme nous respectons notre propre corps et alors le Taekwon-Do ne sera jamais utilisé de façon déshonorante ».
  • Le nom des formes est tiré du nom des personnes les plus illustres produites par près de 5000 ans d'histoire coréenne. La connaissance exacte des formes conduit inévitablement à la réalisation que le Taekwon-Do est un art martial qui doit servir seulement pour l’autodéfense et uniquement pour la cause de la justice.

L'histoire de la Corée ne contient pas un seul exemple où ses forces militai-res ont servi à repousser l'invasion de ses voisins ou à d'autres fins que la défense nationale. Au point de vue technique, il crée une grande variété de mouvements qui peuvent être utilisés dans n'importe quelle situation. Ils sont basés sur les principes suivants:

  •  Tous les mouvements doivent être exécutés pour produire le maximum de puissance en accord avec des formules scientifiques et des principes de développement d'énergie (cinétique et potentielle);
  • Les principes de base des techniques doivent être si claires que même ceux qui ignorent le Taekwon-Do peuvent distinguer un mouvement exact d'un mouvement incorrect;
  • La distance et l'angle de chaque mouvement doivent être définis de façon exacte pour permettre des attaques ou défenses plus efficaces;
  • Des méthodes d'enseignement rationnelles doivent être développées pour que les bienfaits du Taekwon-Do soient profitables à tous, jeunes et vieux, femmes et hommes;
  • De bonnes méthodes de respiration doivent être développées pour augmenter la vitesse de chaque mouvement et diminuer la fatigue;
  • L'attaque doit être possible contre n'importe quel point vital du corps humain et il doit être possible de se défendre contre tout type d'attaque;
  • Chaque arme corporelle d'attaque doit être définie clairement et basée sur la structure logique du corps humain;
  • Chaque mouvement doit être facile à exécuter pour permettre à l'adepte de prendre plaisir au Taekwon-Do comme sport et détente;
  • Des mesures particulières doivent être prises afin de promouvoir la bonne santé et empêcher les blessures;
  • Chaque mouvement doit être harmonieux et exécuté avec rythme pour que le Taekwon-Do rencontre les normes d’esthétisme;
  • Chaque mouvement d'une forme doit exprimer la personnalité et la qualité d'esprit de la personne dont elle porte le nom.

« L'ADHÉSION À CES PRINCIPES DE BASE EST CE QUI FAIT DU TAEKWON-DO UN ART MARTIAL, UN ART DE BEAUTÉ, UNE SCIENCE ET UN SPORT. » La fédération Interna-tionale de Taekwon-Do fut fondée le 22 mars 1966 et est installée à Vienne en Autriche. Et l'arrivée du Taekwon-Do au Québec remon-te à 1971.